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Icônes illustrant le travail et le repos pour symboliser le travail le dimanche

Travail le dimanche en 2026

Travail le dimanche : entre nécessité sociale, qualité de vie et sens du travail

Un sujet non seulement juridique ou sociétal, mais aussi central dans la compréhension du sens même du travail aujourd’hui.

Introduction

Il y a plus de dix ans, nous écrivions sur le travail du dimanche comme on interroge un symptôme culturel. Le dimanche n’était pas seulement un jour de la semaine, mais un espace symbolique de séparation entre la vie productive et la vie personnelle, entre l’utilité et le sens, entre le travail et le désir.

Aujourd’hui, la question n’a pas disparu. Elle s’est même complexifiée. Le travail dominical est devenu une réalité pour une part significative de la population active (Source : Dares), tandis que les frontières entre travail, temps libre et vie privée se sont brouillées. Mettre à jour cette réflexion, ce n’est donc pas seulement ajouter des chiffres ou du droit, c’est relire ce que le dimanche dit de notre rapport actuel au travail.

1. Le cadre juridique actuel

En France, le repos dominical demeure un principe fondamental du Code du travail. Chaque salarié doit bénéficier d’un jour de repos hebdomadaire (en principe le dimanche). Ce principe est cependant assorti de nombreuses dérogations.

Evidemment, certaines activités, par leur nature même, font que le travail le dimanche fait partie de l’organisation « normale » du travail, c’est le cas notamment de la santé, des transports, de l’hôtellerie-restauration, du tourisme ou de certaines industries.

Le travail dominical y repose théoriquement sur le volontariat et donne lieu à des contreparties, en salaire et ou en repos.

Il existe aussi des autorisations ponctuelles, comme les « dimanches du maire », qui permettent à des commerces d’ouvrir un nombre limité de dimanches par an.

Le cadre légal n’interdit donc pas le travail le dimanche. Il l’encadre. Il reconnaît à la fois la nécessité économique de certaines activités et la valeur sociale du repos dominical.

Par exemple, le Code du travail prévoit que le repos hebdomadaire est donné en principe le dimanche, mais des dérogations existent selon l’article L.3132‑3, avec différentes modalités selon les secteurs et zones géographiques.

2. Ce que disent les chiffres

Selon les données les plus récentes de la DARES (juin 2025) : 24,2 % des personnes en emploi ont travaillé au moins un dimanche sur une période de quatre semaines en 2024. Ce chiffre augmente légèrement chaque année, mais reste inférieur à celui d’avant-crise (2019 : ~25,8 %)

Ces données rappellent une chose essentielle. Le dimanche travaillé est une réalité sociale, qui concerne certains métiers, souvent moins protégés, parfois moins bien rémunérés, et fortement dépendants de la demande des clients ou des usagers.

3. Un débat toujours vivant : le cas du 1ᵉʳ mai

Le travail du dimanche ne fait plus la une de l’actualité comme au moment des grandes réformes des années 2010. Pourtant, la question du repos collectif continue de traverser le débat public.

Le récent débat sur la réforme des jours fériés en est une illustration frappante. Une autre proposition de loi ont voulu autoriser légalement des boulangeries, fleuristes, théâtres à faire travailler leurs salariés ce jour-là.

Le 1er mai n’est pourtant pas seulement un jour chômé. Il est chargé d’une lourde valeur symbolique liée à l’histoire sociale. Lorsque des propositions émergent pour élargir la possibilité d’y faire travailler des salariés, ce ne sont pas seulement des questions économiques qui sont posées, mais aussi des questions de sens, de culture et de limites. Le dimanche joue un rôle similaire. Le remettre en cause n’est jamais neutre.

4. Travail le dimanche : Le point de vue des salariés

Sur le terrain, le travail dominical est vécu de manière ambivalente.

Pour certains salariés, il constitue une opportunité : Les majorations salariales, la possibilité de dégager des jours de repos en semaine, ou simplement le fait de mieux organiser sa vie personnelle peuvent rendre le dimanche attractif. Dans certains cas, il s’agit bien sur d’un véritable choix.

Pour d’autres, il est vécu comme une contrainte. Le volontariat formel ne garantit pas toujours une liberté réelle. Lorsqu’un refus est perçu comme risqué pour sa carrière, son planning ou son image, le choix devient théorique. Le travail du dimanche peut alors accentuer la fatigue, la désynchronisation avec la famille, les amis, la vie sociale.

5. Le dimanche comme objet psychologique et culturel

C’est ici que la dimension psychologique et philosophique prend tout son sens.

Le dimanche n’est pas seulement un jour. C’est une frontière symbolique. Il sépare le temps productif du temps gratuit, le temps de l’obligation du temps de la relation, du jeu, de la vie intérieure. Dans de nombreuses cultures, il a longtemps été le support d’une expérience collective du repos.

Travailler le dimanche, ce n’est donc pas seulement travailler un jour de plus. C’est toucher à cette frontière.

Travailler quand les autres se reposent peut donner le sentiment d’être différent, autonome, maître de son temps. Pour d’autres, c’est une perte. La perte d’un temps commun, d’un rythme partagé, d’un espace où le travail se tait.

La question du désir est centrale. Désire-t-on vraiment travailler le dimanche, ou désire-t-on ce que cela permet d’obtenir : de l’argent, de la reconnaissance, de la sécurité, une place dans l’organisation ? Et inversement, que signifie le désir de ne pas travailler ce jour-là ? Est-ce un refus du travail, ou le désir d’un autre rapport au monde, aux autres, à soi-même ?

6. Le travail le dimanche dans un monde qui ne s’arrête plus

L’omniprésence du numérique, du commerce en ligne, des plateformes et du travail à distance a déjà affaibli les frontières temporelles. Beaucoup de personnes travaillent déjà, d’une certaine manière, tous les jours, par mails, messages ou pensées professionnelles.

Dans ce contexte, la question n’est pas seulement de savoir si l’on ouvre les magasins le dimanche, mais de savoir si la société accepte encore l’idée qu’il existe des temps où l’on ne produit pas, où l’on n’optimise pas, où l’on ne répond pas.

Le travail dominical est ainsi un symptôme d’une mutation plus large : la difficulté croissante à préserver des espaces de non-travail dans une économie qui vise toujours la croissance et la fuite en avant.

Conclusion

Le travail le dimanche n’est ni un scandale en soi, ni une évidence naturelle. Il est le produit d’un compromis instable entre besoins économiques, droits sociaux, choix individuels et héritages culturels.

La vraie question aujourd’hui n’est pas simplement de savoir s’il faut autoriser ou interdire, mais comment maintenir des repères collectifs dans un monde qui tend à fonctionner sans pause.

Le dimanche continue de nous parler du travail, non pas seulement comme activité, mais comme expérience humaine. C’est sans doute pour cela qu’il reste un sujet si sensible, même après toutes ces années.

En fait, dans un monde où le travail tend à coloniser l’ensemble du temps, le dimanche reste l’un des derniers repères visibles d’une limite possible.


Workcare : Prendre soin du lien au travail – Outil et démarche QVCT d’amélioration de l’ambiance de travail et prévention des RPS – www.workcare.fr / contact@workcare.fr


Questions fréquentes sur le travail le dimanche

Le travail le dimanche est-il légal en France ?
Oui, le Code du travail prévoit le repos dominical, mais il existe de nombreuses dérogations selon le secteur, la zone géographique ou les autorisations spécifiques. Source : Code du travail – Repos dominical

Quels secteurs sont concernés par le travail dominical ?
R : Santé, transport, hôtellerie-restauration, distribution, services à la personne… Certains commerces en zones touristiques ou commerciales peuvent aussi ouvrir le dimanche. Source : Ministère du Travail – Le travail du dimanche

Travailler le dimanche est-il obligatoire pour tous les salariés ?
R : Non. Le travail dominical repose théoriquement sur le volontariat et donne droit à des compensations en repos ou en salaire. Source : Service-Public.fr – Travail le dimanche

Quels sont les impacts psychologiques du travail dominical ?
R : Il peut générer fatigue, désynchronisation sociale et stress, mais pour certains salariés, il représente un choix permettant flexibilité ou gains supplémentaires. Source : DARES – Temps de travail et qualité de vie

Comment concilier travail le dimanche et équilibre vie pro/perso ?
R : En négociant le volontariat, en utilisant les jours de repos compensatoires, et en préservant des temps collectifs et familiaux. Source : INRS – Organisation du temps de travail

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