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Employé en situation de burn-out au travail, enjeux de prévention et RPS

Burn-out et maladie professionnelle : définition, reconnaissance et prévention en 2026

Burn-out : Depuis plusieurs années, il occupe une place croissante dans le débat public. Longtemps resté dans une zone floue, il fait aujourd’hui l’objet de clarifications importantes sur le plan légal.

Une piqure de rappel, et des chiffres…

La Haute Autorité de santé (HAS) définie le burnout – ou syndrome d’épuisement professionnel – comme :

Un état d’ « épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel ». Il se caractérise par un processus de dégradation du rapport subjectif au travail. Concrètement, face à des situations de stress professionnel chronique, la personne en burnout ne parvient plus à faire face. Le syndrome recouvre trois dimensions : l’épuisement émotionnel, le cynisme vis-à-vis du travail (déshumanisation, indifférence) et la diminution de l’accomplissement personnel au travail et de l’efficacité professionnelle.

En France, les données officielles montrent que ce phénomène concerne une part non négligeable de la population active : par exemple, une étude de Santé publique France a estimé qu’en 2019 environ 0,7 % des femmes et 0,34 % des hommes présentaient un burn‑out, et que globalement la souffrance psychique liée au travail avait doublé par rapport à 2007.

Par ailleurs, une étude menée en 2022 par OpinionWay indique que environ 34 % des salariés français déclarent avoir vécu une forme d’épuisement professionnel ou se situent à risque de burn‑out, ce qui représente plus de 2,5 millions de personnes selon des estimations de sondages.

Le burn‑out semble donc un réel problème de santé publique en France, même si sa reconnaissance officielle comme maladie professionnelle reste limitée dans les classifications et les statistiques publiques.

Le burn-out : une réalité reconnue, mais un cadre juridique encore spécifique

Le burn-out est aujourd’hui reconnu comme un risque lié au travail, fréquemment rattaché aux risques psychosociaux. Il peut justifier un arrêt de travail prescrit par un médecin lorsque l’état de santé du salarié le nécessite.

En revanche, il est important de rappeler que le burn-out ne figure pas dans les tableaux officiels des maladies professionnelles de la Sécurité sociale. Contrairement à certaines pathologies physiques, il ne bénéficie donc pas d’une reconnaissance automatique. Cette distinction est essentielle pour éviter toute confusion entre :

  • la légitimité d’un arrêt de travail pour épuisement professionnel,
  • et la reconnaissance formelle du burn‑out en tant que maladie professionnelle.

Une reconnaissance possible… mais au cas par cas

Même s’il n’est pas inscrit dans les tableaux, le burn‑out peut, dans certains cas, être reconnu comme maladie professionnelle « hors tableau ».

Cette reconnaissance repose sur une procédure spécifique et exigeante. Elle suppose notamment :

  • de démontrer un lien direct et essentiel entre la pathologie et l’activité professionnelle ;
  • et, dans la plupart des situations, l’existence d’un taux d’incapacité permanente significatif, apprécié par les instances compétentes.

Le dossier est alors examiné par un comité spécialisé, qui évalue les éléments médicaux et professionnels fournis. En pratique, ces reconnaissances restent relativement rares, en raison du niveau de preuve attendu.

Ce que les évolutions récentes changent concrètement

Les évolutions jurisprudentielles récentes viennent toutefois sécuriser le recours à l’arrêt de travail pour burn‑out. Elles confirment qu’un médecin peut mentionner l’épuisement professionnel comme motif d’arrêt, sans que cela ne remette en cause la légitimité de sa décision.

Pour les salariés, cela constitue une clarification importante. Pour les employeurs, cela rappelle que le burn‑out n’est pas seulement une question individuelle, mais bien un signal à prendre au sérieux dans l’analyse des conditions de travail.

Prévention et responsabilité : un enjeu central pour les organisations

Au‑delà de la question de la reconnaissance en maladie professionnelle, le burn‑out interroge directement la responsabilité des employeurs en matière de prévention.

Le droit du travail impose en effet aux organisations de prévenir les risques professionnels, y compris psychosociaux. Charge de travail, exigences émotionnelles, manque d’autonomie, tensions relationnelles ou déficit de reconnaissance sont autant de facteurs susceptibles de fragiliser la santé des personnes.

Dans ce contexte, la prévention du burn‑out ne se limite pas à la gestion des situations individuelles. Elle suppose un travail plus large sur :

  • l’organisation du travail,
  • les modes de management,
  • les espaces de dialogue,
  • et la capacité collective à réguler les difficultés avant qu’elles ne s’installent.

Des approches comme celles développées par Workcare permettent d’outiller ces démarches collectives, en donnant des repères pour analyser les situations de travail et agir de manière concertée.

En conclusion

Le burn‑out n’est pas aujourd’hui une maladie professionnelle reconnue automatiquement par le droit français. Pour autant, il est pleinement identifié comme un risque lié au travail, pouvant justifier un arrêt et, dans certains cas, une reconnaissance spécifique.

Ces évolutions rappellent l’importance d’une approche préventive et collective des situations d’épuisement professionnel. Comprendre le cadre légal est une première étape ; agir sur les conditions de travail reste le levier le plus durable.


Sources et lectures complémentaires
Pour approfondir la question du burn-out, de sa reconnaissance possible et de sa prévention.

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