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Le travail : retour à l’essentiel ?

Le travail face aux crises : revenir à l’essentiel

La mondialisation galopante, le changement climatique, les dénis de démocratie et les pandémies générales modifient trop vite le monde pour pouvoir maintenir constantes les raisons historiques de travailler.

Ces raisons, on les a longtemps présentées comme allant de soi : produire, développer, créer de la richesse, assurer la croissance, améliorer les conditions de vie. Mais elles ne disent plus toujours à quoi le travail contribue, ni ce qu’il peut détruire en même temps.

Les méga-entreprises elles-mêmes, tentées par des abus de pouvoir technologique, ne s’y intéressent pas réellement. Elles savent organiser le travail, le mesurer, parfois le remplacer ; mais elles ne semblent pas toujours se demander à quoi il devrait servir, ni quel monde il aide à faire durer.

C’est anxiogène, difficile à supporter, d’autant que les vieilles démocraties, parfois dévoyées, alourdies, ne réagissent plus que lentement aux anciens et aux nouveaux totalitarismes.

Dans ces conditions, se demander « pourquoi on travaille? » n’est pas une question abstraite ou réservée aux périodes tranquilles. C’est une manière de chercher ce qui mérite encore notre énergie, notre temps et notre attention.

De tels changements poussent des gens qui travaillent, selon les cas, à surseoir, à glander, à attendre pour voir, à ignorer la question du changement, à fuir à la campagne pour s’isoler, à ne plus travailler… ou, à l’inverse, à accélérer, à profiter de la situation, à produire toujours plus, à poursuivre le profit à outrance, quitte à s’éloigner des autres et des valeurs qui donnent sens au travail.

Cette énumération n’est pas un jugement. Elle dit aussi la fatigue, le désarroi et les façons parfois contradictoires de tenir quand le monde change trop vite. Mais ne plus savoir pourquoi ou comment travailler ne signifie pas nécessairement qu’il n’y a plus rien à faire. Cela oblige peut-être à distinguer le travail de l’emploi, la production de l’utilité, l’activité de la contribution.

Peut-être alors pourra-t-on enfin revenir à cette idée : la seule et unique vraie raison de travailler pour l’humain est la vie, la survie du vivant, individuellement et collectivement. Ce n’est peut-être pas si mal.

Le travail peut contribuer à la survie du vivant. Mais il peut aussi l’abîmer, l’épuiser, voire le détruire. C’est cette contradiction qui nous oblige à revenir à l’essentiel : non pas pour la résoudre d’un trait, mais pour la regarder en face et nous demander à quoi nous travaillons.

C’est à cette idée que Workcare veut toujours prendre part : penser le travail à partir de ce qu’il permet de préserver, de réparer et de faire vivre ensemble.

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